Et bien me voilà enfin de retour chez moi.
C'aura été plus long que prévu, mais au final on est heureux d'être enfin de retour à la maison.
On est partis à deux, et on reviens à trois.
Laissez moi vous raconter ça, comme d'habitude je n'ai pas fait dans le simple.
Je vous rappelle les faits: le mardi 20 Octobre, alors enceinte de mon terme moins un jour (date prévue d'accouchement le 21 octobre), je devais me rendre à la maternité pour que mon gynéco me provoque mon accouchement.
C'est donc tout à fait naturellement que le mardi matin en question, je me suis réveillée avec des contractions.
Nous sommes arrivés à la maternité à l'heure prévue, monitoring de rigueur et petite visite.
Verdict: contractions régulières (et douloureuses) toutes les 5 minutes, col effacé et dilaté a 2 doigts. Génial, pas besoin de déclencher ! En plus ça tombe bien, des femmes arrivent pour accoucher en urgence, donc pas le temps de s'occuper de moi, on me met dans ma chambre pour me laisser gérer ma douleur tranquille et faire mon travail, et pis voilà.
Je fais tout bien comme aux cours de prépa à l'accouchement: je respire régulièrement, je bouge beaucoup mon bassin, et Chéri d'amour est là pour me masser et me soutenir pour les plus grosses contractions (et vraiment des fois, aïe !!).
A midi/une heure , commençant a trouver le temps long, j'appelle le sage femme (voui, un homme).
Auscultation: rien n'a bougé, le col est toujours au même point que le matin.
Là je suis moyennement contente, parce que je douille quand même pas mal niveau douleur.
Histoire d'éclaircir un peu ce mystère , re- monitoring. Bébé va bien, mes contractions sont bien fortes et régulières, toutes les 3 minutes.
Oui, mais moi ça va pas, je suis à jeun depuis la veille au soir comme demandé par le toubib, j'ai mal et chuis fatiguée.
Le sage femme me propose une piqure de je sais pas quoi , avec très peu de morphine dedans, mais me préviens que c'est vraiment si la douleur est très forte car ça peut fatiguer le cœur du bébé. Donc je décline poliment pour finalement la demander à 15 heures. Elle fait effet assez rapidement, je me retrouve agréablement shootée et sous monitoring pour surveiller le cœur de la puce. Tout va trèèèèèès bien pour elle, moi je ressent moins la douleur et je m'endors même un petit peu. On me réintegre dans ma chambre, je ne marche pas droit et je rigole bêtement.
Tout va a peu près bien jusqu'à ce que le produit ne fasse plus effet. J'ai repris un peu de force et je tiens le coup jusqu'à 18 heures passées, puis je refais appeler le pauvre homme (qui doit commencer a en avoir grave marre de moi).
Il revérifie, rien n'a bougé. Il en conclu finalement à un faux travail: de vrai contractions avec des vrais bouts de douleur dedans, mais aucun effet sur le col.
Il va donc voir pour me déclencher comme prévu, mais mon gynéco est parti et a été relevé par une collègue, qui décide de me garder "en observation pour la nuit", et qu'on verrai quoi faire à la relève, soit le lendemain matin 9 heures. Hahaha ! Là je suis super heureuse car j'ai des contractions toutes les 2 à 3 minutes.
Et en plus je perd du liquide, mais personne ne me crois, on me dis que c'est des pertes normales.
Mon gynéco passe me voir à 20h30, me rassure (mais non, le faux travail c'est pas inutile !) et demande à ce qu'on me donne des cachets pour ma douleur et qu'on vérifie mes pertes.
Je perds du liquide amniotique (poche fissurée) et on ne me donnera rien, car la gynéco de garde refuse l'avis de son confrère (décidément, je l'aime celle là...)
Ce soir là j'ai droit à un potage léger (car je commence à tourner de l'œil), je renvois chéri à la maison (car je deviens agressive) et je me mentalise pour ma super nuit à venir.
Vers minuit je supplie qu'on me refasse une piqure contre la douleur, comme il n'y a pas 12 heures depuis celle à la morphine on m'en fait une autre d'un produit bizarre qui me met la tête à l'envers, me rends la bouche sèche et pâteuse et me fait avoir des espèces d'hallucinations sensorielles.
J'arrive a presque dormir 2 heures, fréquemment réveillée par les contractions les plus fortes. Vers 3 heures et demie du matin je n'en peux plus ,j'ai mal désormais dans tout le ventre ET dans le dos. Je délire et j'ai l'impression que ce sont des bêtes qui m'attaquent et me blessent. Mes mains tremblent comme des feuilles, et je pleure rien qu'a l'idée de devoir supporter ça encore de longues heures. J'appelle le sage femme encore une fois. Col toujours au même point que la veille au matin.
Il me refait la fameuse piqure avec morphine, il est 4 heures du matin, et me dit que si la douleur ne disparait pas, il faut que je le fasse revenir. C'est ce que je fait à 5 heures, j'ai tellement mal que je n'ai même plus d'accalmie entre chaque contractions. Le simple fait de bouger m'en provoque de nouvelles, je ne peux même plus marcher pour me soulager un peu. Je tremble comme une feuille, et je fais une belle crise d'hypoglycémie.
Le brave homme décide alors de ne pas s'en tenir aux consigne de la gynéco de garde et m'emmène en salle d'accouchement me préparer pour me faire une péridurale, afin de me permettre d'attendre 9 heures du matin que le gynéco arrive et me déclenche enfin mon vrai travail, sans devenir folle de douleur.
Le temps de tout préparer et d'appeler l'anesthésiste de nuit mon col c'est "magiquement "ouvert à 3 cm, le seuil minimum pour recevoir la fameuse péridurale. Il est 7 heures du matin, et j'ai des contractions toutes les 2 minutes.
Après c'est allé très vite. L'anesthésite hyper compétent m'a fait ça en un rien de temps , par contre dur dur de rester parfaitement immobile en pleine contraction, alors que lui me troue le dos...
Quelques minutes après la pause du cathéter un bien être cotonneux et sans douleur m'a envahit, et une chaude insensibilité m'a doucement enveloppé le cerveau. Je sentais chaque contraction, mais de loin, comme si c'était un détail qui ne me concernait plus trop.
A 9 heures du matin j'étais totalement sous l'emprise de la divine anesthésie, et je dormais même par petits épisodes agréables. Une nouvelle sage femme est venue relever son collègue (ils font des gardes de 24 heures de suite) et à l'auscultation avant d'injecter le produit du déclenchement j'en étais à 7 cm (soit 4 cm de dilatation en environ 1 heure). Il semblerait que ce soit la douleur des contractions qui me bloquait le col.
Elle m'a laissé tranquillement roupiller pour aller s'occuper ailleurs, mon mari est arrivé à 9h40, j'étais bien, zen, reposée ! Mais un peu faible car toujours a jeun...
Je lui ai demandé d'aller chercher la sage femme car j'avais des envies de pousser. Effectivement, j'étais en plein travail ! Elle m'a installé une barre façon "but de foot" pour appuyer mes pieds et pousser efficacement, et hop, c'était parti.
Le mercredi 21 Octobre a 11h04 très exactement, je suis devenue la maman de la petite Alicia.
Et j'ai pas eu d'épisiotomie , youpi !
Après, tout est allé comme dans un rêve, je n'ai pas encore réalisé.
Le bébé que je récupère tout gluant et chaud, que je pose sur moi. Ses petit yeux.
Le papa qui coupe le cordon, fier comme un lion. Puis on me prends la petite pour lui donner les soins de naissances, dans un salle attenante a la mienne (et sans autre issue que la mienne) et on me "fini" mon accouchement -placenta et quelques points de suture-. Puis on me la rends pour un peu de peau a peau. C'est minuscule, c'est tout chaud. C'est à moi.
On l'habille car elle a froid. Puis on la cale contre moi, pour qu'elle puisse téter.
On est resté plus de 2 heures et demie comme ça , son père l'a un peu prise aussi, on avait des étoiles plein les yeux.
On a décidé en toute objectivité que notre fille c'est la plus belle de tous les bébés !
On est retourné dans la chambre, et on a passé le reste de la journée comme ça, moi a câliner et nourrir la petiote, lui a câliner et adorer sa fille.
Mon homme a du partir le soir (les papas ne restent pas dormir) et la nuit s'est passée tranquillement. Le personnel de la maternité était adorable et très présent, vraiment parfait.
Le lendemain tout a été merveilleux: le premier bain, les soins, les câlins encore... l'après midi qui se transforme en longue sieste paresseuse...
C'est vers 18h30 que ça c'est gâté.
Le pédiatre de la maternité est venu nous voir et a commencé a nous parler de ma fissure de la poche des eaux d'avant l'accouchement. Des risques infectieux pour le bébé, de la prise de sang du matin d ema puce... il était très vague et tournait autour du pot, on ne comprenait pas ou il voulait en venir.
Finalement, il est allé au but : Alicia avait une infection, et comme la maternité ou j'étais était non habilité au soin des nouveaux nés, elle allait être transféré dans une autre maternité pour être soignée.
Immédiatement .Là, maintenant de suite. L'infirmière de transfert était déjà là, car ce malotru avait attendu la fin de ses consultations pour venir nous l'annoncer, au lieu de prendre 5 minute le MATIN !
Ah oui, et moi, je n'était pas prévue dans le transfert. Ben oui, logique. On me prends mon bébé de 1 jour, on l'envoie à 40 km de moi, mais moi je fini tranquillous mon séjour maternité ici.
Et l'allaitement ? ben j'ai qu'a me tirer le lait manuellement, et quand je récupèrerai la puce, hop on fait comme si de rien n'était (d'après ses propres dires).
je ne suis pas d'accord ? Ah ben je suis difficile ! Heureusement pour moi, le service de néonatalogie ou ma fille va dispose d'une chambre mère-enfant (pour l'allaitement au sein justement), mais faut pas que je sois encore hospitalisée, donc faut que la sage femme signe mon bon de sortie 32 heures après mon accouchement. Si j'ai des complications ? Ben c'est pas grave, au cas ou le service maternité est juste à coté...
J'étais totalement paniquée, sonné, je n'arrivais pas a réaliser, je ne voyais qu'une chose : ma fille était emmenée loin de moi.
Heureusement pour nous mon homme ne c'est pas laissé démonté, s'est agrippé au berceau de la petite et a refusé de le lâcher tant qu'une solution satisfaisante n'a pas été trouvée.
Le personnel de l'hôpital , venu en curieux, a été outré du comportement du pédiatre, et a épaulé mon mari dans son refus de laisser partir la petite.
C'est l' infirmière du transfert qui a trouvé la solution : me transférer en service maternité dans le même hopital qu'Alicia, puisque la maternité et la neonatalogie était séparé de ... 10 mètres, et dans le même couloir.
La sage femme a vite appelé et m'a trouvé une chambre, et m'a même fait réserver la chambre mère-enfant pour plus tard.
J'ai été transféré dans la demie heure en taxi, et arrivés sur place l'équipe médicale nous a totalement pris en charge et expliqué enfin clairement ce qu'avait notre fille, comment ça allait se passer, la durée du traitement... tout.
En résumé, Alicia avait une petite infection due a un germe inconnu, qui nécessitait une injection régulière d'antibiotiques sur 7 à 10 jours.
Moi j'étais en maternité, j'ai passé mes 4 derniers jours d'hospitalisations à aller la voir et la nourrir. La nuit quand elle pleurait, le service de néonatalogie appelait la maternité, et une infirmière venait me réveiller pour aller nourrir la petiote. Tout le monde a été absolument charmant avec moi. Les dames de la "cantine" me gardait et me réchauffait mes plateaux (parce que manger a heure régulières avec un bébé, c'est utopique), les infirmières me laissaient venir quand je pouvait pour mes soins...
En neonat on m'a toujours tout expliqué, tenu au courant de tout les soins, toute les nouvelles m'était données rapidement... un vrai bonheur pour la mère anxieuse que je suis.
Par contre je ne cache pas que ça a été un séjour stressant quand même. Ne pas pouvoir avoir mon bébé près de moi, devoir caler mes visites, toujours arriver en vitesse car la petite pleure depuis 10 minutes (le temps d'appeler, que l'infirmière vienne, que je me lève et arrive), et surtout le service de néonatalogie en lui même.
Des pleurs de bébés quasi en permanence, les machines qui bippent, sonnent, les infirmières qui courent partout nuit et jour, les couveuses, les autres parent anxieux, les protocoles de propreté a l'arrivée , au départ, pendant la visite... les perfusions sur mon enfant, et autres soins impressionnants... et je n'étais pas la plus à plaindre.
J'ai pu intégrer le service néonatalogie le Lundi, et enfin dormir sur place avec mon enfant.
Les nuits ont été courtes et stressantes, autant pour moi que pour Alicia.
Je n'oublie pas son père, qui je pense était tout aussi inquiet que moi, et qui n'a pas eu la chance de pouvoir restre sur place comme moi. Il ne m'a jamais -ou presque - montré son inquiétude pour ne pas que je stresse encore plus.
Alicia était officiellement guérie le lundi soir - plus d'infection- mais a du rester jusqu'a la fin du traitement, soit 7 jours.
Le lit d'appoint était assez spartiate, pour une propreté maximale le service ne possède pas de toilettes , donc obligation de sortir du service a chaque pipi, et revenir faire tout le protocole d'entrée. La nuit n'existe pas là bas, tout est toujours allumé, il y a toujours du monde.
Chaque sonnerie d'alarme faisait susauter la petite puce et me réveillait. Elle aussi était sous monitoring (obligatoire même si pas prématurée), qui sonnait sans raisons au beau milieu de la nuit.
Nous avons pu enfin récupérer notre petite princesse le jeudi 29 octobre. J'en aurait pleuré de soulagement et de bonheur.
Le retour à la maison se fait doucement. Elle est encore pas mal stressée , sursaute beaucoup au moindre bruit, et veut passer le maximum de temps dans nos bras.
J'ai du mal à la coucher sans qu'elle ne se réveille pour réclamer un câlin ou une tétée de réconfort. Elle qui était bien "réglée" pour les tétées et dormait bien dans son petit lit à l'hôpital demande de façon aléatoire a manger et ne dors presque plus seule.
Il va nous falloir quelques temps d'adaptation, mais maintenant que tout va bien et qu'elle est avec nous, je pense qu'on devrait s'en sortir aussi bien que tout les autres jeunes parents.
vendredi 30 octobre 2009
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3 commentaires:
Ton récit est très émouvant. Mon dieu, comme vous avez été courageux tous les deux !
Bienvenue à la petite Alicia et félicitations aux parents.
Maintenant elle est à la maison, elle va trouver son rythme et vous aussi.
Gros bisous
Eh oui, 1 + 1 = 3 !
Son bébé, c'est toujours le plus beau :D !
Sinon, l'épisio, tu ne sents rien, c'était le cadet de mes soucis... Moi, c'est la péridurale chez les sadiques que j'ai sentie... et aussi l'écrasage de bide à deux pour faire la morveuse !
Felicitation ! Et profite que ça bouge pas encore trop !
Tit passage sur ton blog et je vois tes jolies photos et la bonne nouvelle. ♥ ♥ ♥
Ohlàlà, la petite Alicia a déjà bien vécu dis donc, vous êtes des parents courageux, suis heureuse de lire le dénouement de cette arrivée mouvementée.
Par contre les médecins qui voulaient vous séparer... A notre époque des comportements pareils.
Suis concernée par le sujet, et je vois autour de moi les ravages de ce genre d'attitude sur les bébés arrachés à la maman, quelle aberration.
Heureusement que vous ne vous êtes pas laissés démonter.
Bienvenue à ta fille, et beaucoup de bonheur à vous !
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